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L'été de 1940

L' exode

L’invasion allemande jette sur les routes des millions de Belges, de Néerlandais puis de Français.

Mus par la peur, le souvenir de 1914, la rumeur ou les ordres d’évacuation, une partie de la population se résigne à l’exode. Munis du strict minimum, les réfugiés fuient vers l’ouest et vers le sud où ils espèrent trouver, à défaut de la paix, la sécurité.

En colonnes, ils encombrent les routes, entravant ainsi le mouvement des renforts alliés qui montent au front. L’aviation allemande les mitraille sans relâche. Les vivres et l’eau potable manquent rapidement. Le chaos est complet.

Les prisonniers de guerre

Près de 50.000 militaires belges sont capturés au cours des combats en Belgique, environ 175.000 autres le seront au lendemain de la capitulation (28 mai 1940). C’est ainsi qu’environ 225.000 soldats sur 600.000 prennent le chemin du Reich, à pied, en train et à bord de péniches, après avoir parfois transité par des camps de rassemblement ou de passage.

Les officiers sont enfermés dans des camps particuliers, les Oflag (Offizierlager, camps d’officier), les sous-officiers, caporaux et soldats dans les Stalag (Stammlager, camps de base). Ceux-ci sont seuls astreints au travail dans des fermes, des exploitations forestières ou des usines.

A partir de juillet 1940, Hitler, dans le but de développer une nouvelle Flamenpolitik, annonce que les prisonniers flamands seront libérés. Quelques uns refuseront. Au cours de la guerre, beaucoup de soldats pourront regagner leur foyer, pour raison médicale. En 1945, 60.000 prisonniers de guerre belges retrouveront la liberté. Près de 1.680 hommes décèdent en captivité.


Grande-Bretagne, refuge des démocraties

A l'automne 1940, Hitler postpose son projet d'invasion de la Grande-Bretagne. Néanmoins, il continue de soumettre l'île à des bombardements et d’entraver son approvisionnement essentiellement à l'aide de ses sous-marins. L’économie de guerre britannique, déjà en retard face à l’Allemagne, se détériore au point que le pays fait appel à l’aide des Etats-Unis, qui deviennent vite “l’arsenal du monde libre” bien qu’ils n’entrent en guerre qu’en décembre 1941.

La Grande-Bretagne apparaît, aux yeux de l'Europe occupée, comme le lieu de ralliement pour tous les adversaires de l’Axe. A Londres se constituent les gouvernements en exil de Belgique, des Pays-Bas, de Tchécoslovaquie, de Norvège et de Pologne. Autour du général de Gaulle, des personnalités françaises vont constituer une autorité légitime aux yeux de la Grande-Bretagne.

De nombreux militaires échappés des pays occupés sont soit intégrés dans l'armée britannique, soit organisés en unités nationales.

Les Belges de Londres

L’armée belge et le roi Léopold III sont prisonniers des Allemands. Le gouvernement belge, après de nombreuses tergiversations, se reconstitue en Grande-Bretagne et apporte l’aide de la Belgique à la poursuite de la guerre aux côtés des Britanniques. Ce gouvernement compte à l’origine les ministres Hubert Pierlot (premier ministre), Paul-Henri Spaak (Affaires étrangères), Camille Gutt (Finances) et Albert De Vleeschauwer (administrateur-général de la colonie du Congo). D’autres personnalités vont les rejoindre.

Par ailleurs, la communauté belge réfugiée en Grande-Bretagne atteint 20.000 personnes. En juin 1944, les forces armées belges en Grande-Bretagne compteront 4.500 hommes; il y a également 3.500 hommes à bord de navires marchands.

Le Congo belge et la guerre

Le gouverneur général du Congo belge, Pierre Ryckmans engage la colonie dans le conflit aux côtés de la Grande-Bretagne lorsque le gouvernement belge en exil à Londres se reconstitue.

Vaste territoire riche en minerais, la colonie offre aux Alliés un réservoir important de matières premières. L’effort se porte essentiellement sur l’extraction de cuivre, d’or, de chrome et des autres minerais, puis de matières radioactives, nécessaires à la fabrication de la bombe atomique. La vente de ces produits procure des devises à l’Etat belge.

En termes militaires, la contribution de la Force Publique congolaise n’est pas négligeable: 15.000 soldats et 25.000 porteurs sont mobilisés fin 1940 et participent à de nombreuses opérations militaires en Afrique essentiellement contre l’Italie qui déclare la guerre à la Belgique le 27 novembre 1940 (Abyssinie, Nigeria et Moyen-Orient).