Les mythes du Boyau de la Mort

 

Les mythes du Boyau de la Mort

Le Boyau de la Mort a été conservé après la guerre parce que le site était l'endroit le plus dangereux du front belge. 
Des dizaines de Belges y perdirent la vie tous les jours. Voilà deux mythes que le Musée de l'Armée voudrait reléguer aux oubliettes.

Si le Boyau de la Mort existe encore aujourd'hui, il s'agit plus de chance que d'intention spécifique. En effet, au sortir du conflit, 
le ministère de la Guerre décide de conserver 25 sites de guerre. Le Boyau de la Mort en est un. Cependant, avant même la 
publication d'une brochure touristique, une partie des sites est détruite par des fermiers ou des entrepreneurs zélés. 
Le Boyau risque de subir le même sort en 1927, mais le Royal Touring Club de Belgique en décide autrement. 
L'association mobilise ses membres afin de préserver l'avenir du Boyau par la collecte de dons. Quelque 100.000 francs 
belges sont utilisés pour dévier une route dont la construction est prévue le long de l'Yser, au beau milieu du Boyau de la Mort. 
Le Boyau est sauvé. Au fil des années, les sites de guerre cèdent la place aux extensions portuaires ou aux zones industrielles. 
Grâce à sa situation unique, entre la nouvelle route et la digue de l'Yser, en zone rurale, le Boyau de la Mort est préservé. 
Aujourd'hui, le Boyau est le seul site de guerre belge subsistant dans le Westhoek. 

Une autre légende coriace veut que des dizaines de soldats perdissent la vie quotidiennement dans le Boyau, qui, de ce 
point de vue, serait bien nommé. Le Boyau de la Mort, une tranchée dont aucun soldat n'arriverait à s'extirper. 
Le mythe des milliers de morts belges du Boyau tient bon. Jusqu'à aujourd'hui.
Les nouvelles recherches historiques menées par le Musée royal de l'Armée visaient à revisiter sources et archives. 
Chaque jour de guerre a été examiné afin de retracer l'histoire du Boyau. Cette recherche a révélé des faits surprenants. 
Les historiens ont ainsi pu établir une liste des morts. Contrairement à l'idée reçue, il ne s'agissait pas de milliers de morts, mais « que » d'environ 250 victimes. Les fiches biographiques de ces décès peuvent être consultées au centre d'interprétation par le biais d'une simple application. Les morts du Boyau ont ainsi reçu un nom et un visage.

Les nouvelles recherches ont aussi permis d'établir ce qui s'est réellement passé au Boyau de la Mort. Une ligne du 
temps a été établie, présentant les faits au jour le jour. Plus de 1070 événements se retrouvent sur l'application 
Le Boyau au fil des jours au centre d'interprétation.